À Tougan, 125 enfants vulnérables bénéficient d’un appui scolaire pour renforcer leur résilience
Dans un contexte marqué par les conflits, les déplacements, la précarité économique et les effets du changement climatique, le projet Sini-Gnèsigui apporte une réponse concrète pour favoriser l’accès et le maintien des enfants à l’école.
À Tougan, dans la province du Sourou, la rentrée scolaire se prépare aussi sous le signe de la solidarité. À travers le projet « Sini-Gnèsigui : Renforcement de la résilience des communautés affectées par les conflits et le changement climatique », l’Union des Religieux et Coutumiers du Burkina pour la promotion de la Santé et le Développement (URCB/SD), avec le soutien financier du Ministère des Affaires étrangères du Danemark à travers Save the Children, accompagne des enfants vulnérables afin de leur permettre de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.
La cérémonie d’octroi des bourses scolaires, tenue au Lycée provincial de Tougan, a permis de mettre en lumière une problématique qui dépasse largement la seule question des fournitures scolaires : celle de la protection de l’enfant et de la préservation de son parcours éducatif dans un contexte où plusieurs facteurs de vulnérabilité se conjuguent.
Le projet a octroyé 125 bourses scolaires à des enfants vulnérables scolarisés dans les établissements de Tougan. Parmi eux, 63 élèves du post-primaire, de la 6e à la 3e, et 62 élèves de CM2 sont concernés.

Dans les zones d’intervention du projet, les enfants et les familles font face à plusieurs difficultés susceptibles de fragiliser leur accès aux services sociaux essentiels, notamment à l’éducation.
Le projet Sini-Gnèsigui prend en compte cette réalité en combinant différentes actions : sensibilisation, plaidoyer, protection de l’enfant, lutte contre le mariage d’enfants, accompagnement des ménages vulnérables et appui à la scolarisation.
Pour le Directeur exécutif de l’URCB/SD, cette intervention s’inscrit dans une approche globale de protection. L’URCB/SD intervient également dans la protection des femmes en situation de vulnérabilité, la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion des droits humains.
L’URCB/SD a par ailleurs développé des espaces permettant aux jeunes de participer davantage aux actions qui les concernent, notamment à travers des clubs d’écoute favorisant leur leadership.
« On ne peut pas défendre les intérêts de quelqu’un sans sa participation », souligne le Directeur exécutif.
Cette philosophie a progressivement conduit l’URCB/SD à placer les enfants au centre des interventions. L’expérience acquise dans la lutte contre le mariage d’enfants a notamment montré la nécessité de renforcer les capacités des filles et des garçons afin qu’ils puissent comprendre leurs droits, faire des choix éclairés et mieux appréhender les opportunités liées à la poursuite de leur scolarité.

Cette année, l’intervention prend une forme particulière. Alors que les actions antérieures reposaient notamment sur la distribution de fournitures scolaires, le projet a mis l’accent sur un dispositif de bourses scolaires.
Pour les bénéficiaires, l’appui comprend la prise en charge des frais de scolarité ou des cotisations scolaires ainsi que la remise d’un kit scolaire composant les fournitures scolaires et la tenue scolaire.
Pour le Directeur exécutif de l’URCB/SD, le choix d’intervenir à la veille de la rentrée revêt une importance particulière. Il permet aux familles de faire face aux dépenses scolaires au moment où elles doivent effectivement être engagées.

Dans de nombreux ménages, les revenus agricoles constituent une source importante pour financer la scolarité des enfants. Lorsque les récoltes ou les activités génératrices de revenus sont affectées, la capacité des parents à supporter les dépenses scolaires s’en trouve également réduite.
L’appui apparaît donc comme un moyen de soulager les familles et d’éviter que les difficultés financières ne conduisent à une interruption de la scolarité.
« Aucun enfant ne devrait être chassé de l’école parce que son papa n’a pas payé la scolarité », résume le Directeur exécutif de l’URCB/SD.
Pour le Project Manager du projet, cette intervention s’inscrit dans une démarche engagée depuis le démarrage du projet, avec pour objectif de favoriser l’accès à une éducation de qualité dans les localités couvertes.

Depuis 2022, les actions ont notamment porté sur l’appui en kits scolaires, le renforcement des structures et organisations scolaires ainsi que l’accompagnement des corps enseignants.
Cette année constitue toutefois une évolution dans le dispositif.
« D’habitude, on faisait juste des dons scolaires. Cette année, on est vraiment dans l’appui en bourse », explique le Project Manager.
Du côté des responsables éducatifs, l’intervention est également perçue comme un soutien important aux élèves et à leurs familles.
Le Directeur provincial en charge de l’enseignement secondaire rappelle que les interventions de l’URCB/SD ont, au fil des années, porté sur la sensibilisation et l’information, notamment dans les domaines de la santé, de la scolarisation et de la protection des enfants.

Cette année, l’accent est mis sur les enfants en situation de précarité, avec une prise en charge des frais scolaires et des fournitures.
Selon lui, la satisfaction était perceptible lors de la cérémonie, aussi bien chez les parents que chez les élèves bénéficiaires.
« Nous avons senti que les parents étaient contents et que les élèves concernés étaient très contents, très joyeux », témoigne-t-il.
Pour le responsable provincial, cette prise en charge peut également constituer une source de motivation pour les élèves. En bénéficiant d’un environnement plus favorable à leurs études, les enfants peuvent être encouragés à fournir davantage d’efforts et à améliorer leurs résultats scolaires.
Il appelle ainsi à la pérennisation de ce type d’initiative afin de contribuer à préserver la dignité des enfants et à leur permettre de poursuivre leur parcours scolaire.
L’intervention représente également un investissement financier significatif. Selon le Directeur exécutif de l’URCB/SD, 3 350 000 francs CFA ont été consacrés aux fournitures scolaires destinées aux bénéficiaires de Tougan.
Mais pour l’URCB/SD, la remise des fournitures constitue seulement une première étape. Le directeur appelle les parents à veiller à ce que les équipements remis restent effectivement à la disposition des enfants bénéficiaires.

L’objectif est également d’encourager les enfants à prendre soin du matériel reçu et à travailler avec davantage d’engagement afin que cet accompagnement se traduise par de bons résultats scolaires.
À travers les 125 bourses scolaires, le projet Sini-Gnèsigui apporte une réponse immédiate à certaines difficultés auxquelles sont confrontés les enfants vulnérables et leurs familles.







